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Enfants soldatsTable des matières : A. Enfants soldats B. Quelques faits C. Événements récents D. Pourquoi les enfants s'engagent E. Témoignages de jeunes soldats F. Comité des droits de l'enfant G. Groupes armés H. Forces armées gouvernementales I. DDR
A. Enfants soldats
«J'aimerais vous livrer un message : s'il vous plaît, faites tout ce que vous pouvez pour dire au monde ce qu'on nous fait, à nous les enfants, afin que d'autres enfants ne soient pas contraints de subir la même violence. » «La jeune fille de quinze ans qui a émis ce vu au terme d'un entretien avec Amnesty International avait été enlevée chez elle dans la nuit du 26 décembre 1996 par la Lord's Resistance Army (LRA, Armée de résistance du Seigneur), un groupe d'opposition armé en lutte contre le gouvernement ougandais. Cette jeune fille a été contrainte de tuer un jeune garçon qui tentait de s'enfuir. Elle a assisté à la mort d'un autre garçon, tué à coups de hache pour n'avoir pas donné l'alerte alors qu'un de ses amis prenait la fuite. Elle a été battue parce qu'elle avait laissé tomber un récipient plein d'eau, et elle a dû chercher précipitamment un abri lors d'une fusillade. Elle a, pendant trente-cinq jours, reçu un entraînement militaire avant d'être envoyée au combat contre l'armée gouvernementale. L'utilisation d'enfants en tant que soldats a été condamnée de manière universelle comme une pratique odieuse et inacceptable. Malgré cela, durant ces dix dernières années, des centaines de milliers d'enfants ont participé à des hostilités et sont morts dans des conflits armés dans le monde entier. Les enfants impliqués dans des conflits armés sont fréquemment tués ou blessés en participant aux hostilités ou en effectuant d'autres tâches. Ils sont contraints de participer à des activités dangereuses, comme poser des mines ou des explosifs, ou utiliser des armes à feu. Les enfants soldats sont généralement contraints de vivre dans des conditions difficiles, en bénéficiant d'une quantité de nourriture insuffisante et en ayant peu ou pas accès à des soins de santé. Ils sont presque toujours traités avec brutalité, soumis à des bastonnades et à un traitement humiliant. Les punitions infligées pour les fautes ou la désertion sont souvent très sévères. Les jeune filles soldats sont particulièrement vulnérables au risque de viol, de harcèlement sexuel et d'autres formes d'abus et peuvent, en outre, être envoyées au combat et devoir effectuer d'autres tâches. B. Quelques faits
C. Évėnements rėcentsVers une prohibition de l'utilisation d'enfants soldats Durant ces dernières années, des progrès ont été accomplis pour élaborer un cadre en matière de droit international et de politiques visant à protéger les enfants de toute implication dans les conflits armés . Un nombre de plus en plus important de gouvernements ont « ratifié » ou accepté d'être liés juridiquement par diverses normes internationales prohibant l'utilisation d'enfants soldats dans des conflits armés (voir Normes internationales). Le Statut de la Cour pénale internationale (CPI), élaboré en 1998, prévoit des poursuites et l'application de peines à l'encontre d'individus jugés coupables de recrutements d'enfants âgés de moins de 15 ans pour les utiliser dans les hostilités. En 2004, la CPI a annoncé l'ouverture d'enquêtes sur des crimes commis dans le cadre du conflit armé dans le Nord de l'Ouganda et en République Démocratique du Congo (RDC) où des milliers d'enfants soldats sont encore utilisés. Les premières poursuites de la CPI ont été lancées en 2006, lorsque Thomas Lubanga Dyilo, le dirigeant d'une milice basée au nord-est de la RDC, a été transféré à La Haye. Il est inculpé d'avoir recruté par la force des jeunes garçons et filles âgés de moins de 15 ans pour combattre au sein de sa milice de juillet 2002 à la fin de l'année 2003. S'il est déclaré coupable, Lubanga pourrait être passible d'une peine d'emprisonnement à vie. Le Procureur du Tribunal spécial pour la Sierra Leone (établi par l'ONU et le gouvernement sierra léonais en 2002) a prononcé ses premières inculpations en 2003. Elles incluent les chefs d'accusation de conscription, d'enrôlement ou d'utilisation de jeunes garçons et filles âgés de moins de 15 ans pour les faire participer aux hostilités. En juin 2007, les verdicts de Tribunal Spécial pour la Sierra Leone ont été rendu contre trois membres du Conseil des forces armées révolutionnaires (CFAR), un des trois groupes qui a participé à un conflit brutal qui a duré 11 ans et se termina en 2002. Les 3 accusés - Alex Tamba Brima, Brima Bazzy Kamara and Santigie Borbor Kanu - ont été reconnus coupables de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et d'autres violations graves du droit international humanitaire, y compris le recrutement et l'utilisation d'enfants soldats. C'est la première fois qu'un tribunal de l'ONU reconnaît coupable des individus ayant recruité et utilisé des enfants soldats. C'est une avancée considérable dans la lutte contre l'impunité de militaires qui exploitent des milliers d'enfants soldats dans le monde Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une série de résolutions qui condamnent l'utilisation d'enfants soldats et proposent des mesures pour mettre fin au recrutement d'enfants. Celles-ci comprennent l'engagement d'un dialogue avec les parties à un conflit armé dans le but d'obtenir la démobilisation immédiate des enfants ; et des mesures ciblées sanctionnant ceux qui continuent à recruter et utiliser des enfants en tant que soldats. De telles mesures peuvent inclure la suspension de l'aide ou de l'assistance militaire, la prohibition de la vente d'armes, l'interdiction de voyager ou encore le gel des avoirs. L'Assemblée générale de l'ONU, la Commission des droits de l'homme de l'ONU, l'Union africaine (anciennement Organisation de l'unité africaine), l'Union européenne, l'Organisation des États américains et l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe ont tous condamné le recrutement et l'utilisation d'enfants soldats. D. Pourquoi les enfants s'engagentLes enfants sont recrutés de force par des groupes armés dans de nombreux conflits armés, mais la majeure partie des enfants soldats sont des adolescents âgés de 14 à 18 ans qui s'engagent de manière « volontaire ». Cependant, des enquêtes ont montré qu'un certain nombre de facteurs contribuent à la décision de s'impliquer dans un conflit armé, et, en réalité, un grand nombre de ces adolescents ont peu d'alternatives autres que de s'engager. La guerre elle-même est un facteur déterminant. Le conflit armé provoque souvent l'effondrement des structures économiques, sociales, communautaires et familiales et le fait de rejoindre les rangs des combattants est souvent le seul moyen de survivre. Un grand nombre de jeunes gens ont affirmé que le désir de venger le meurtre de membres de leurs familles et les autres violences générées par la guerre avaient grandement contribué à leur décision de s'engager. La pauvreté et le manque d'accès à des opportunités en matière d'éducation ou de travail sont des facteurs additionnels, car le fait de s'engager représente souvent la promesse ou la possibilité réelle d'un revenu ou le moyen d'en obtenir. En plus de ces facteurs, il peut y avoir le désir d'accéder à une situation de pouvoir, ou à un statut ou d'obtenir une reconnaissance sociale. La pression de la famille et des pairs, qui incitent les enfants à s'engager pour des raisons idéologiques ou politiques ou pour honorer la tradition familiale, peut également constituer un facteur de motivation. Des filles soldats ont affirmé s'être engagées pour échapper à un esclavage domestique ou un mariage forcé, ou encore pour fuir une situation de violence domestique, d'exploitation et d'autres abus. E. Témoignages de jeunes soldatsAfrique Afrique centrale « J'ai tellement de remords pour ce que j'ai fait. Ça me trouble tellement d'avoir causé la mort d'autres gens. Lorsque je rentre chez moi, je dois effectuer des rites traditionnels, parce que j'ai tué. Je dois faire ces rites et me purifier. Je rêve encore de ce garçon de mon village que j'ai tué. Je le vois dans mes rêves, et il me parle, me dit que je l'ai tué pour rien, et je pleure. » Une jeune fille de 16 ans, ayant été démobilisée d'un groupe armé (Source : Département d'État des USA, Rapport 2005 sur la traite des personnes dans le monde). République Démocratique du Congo « Lorsqu'ils sont venus dans mon village, ils ont demandé à mon grand frère s'il était prêt à rejoindre la milice. Il avait tout juste 17 ans et il a dit non ; ils lui ont tiré une balle dans la tête. Ensuite ils m'ont demandé si je voulais m'engager, alors qu'est-ce que je pouvais faire - je ne voulais pas mourir. » Un ancien enfant soldat enlevé à l'âge de 13 ans. (Reportage de la BBC.) « Ils m'ont donné un uniforme et m'ont dit que dorénavant j'étais à l'armée. Ils m'ont même donné un nouveau nom: 'Pisco'. Ils m'ont dit qu'ils reviendraient tuer mes parents si je ne faisais pas ce qu'ils disaient. » Compte-rendu d'un entretien réalisé en 2006 auprès d'un ancien enfant soldat de 17 ans. « Comme j'étais nouveau, je ne parvenais pas à faire correctement les exercices très difficiles, donc j'étais battu tous les matins. Deux de mes amis au camp sont morts du fait de ces bastonnades. Les soldats les ont enterrés dans les latrines. Je pense encore à eux. » Ancien enfant soldat interviewé en 2002. Soudan « J'ai rejoint l'APLS lorsque j'avais 13 ans. Je suis originaire de Bahr Al Ghazal. Ils m'ont démobilisé en 2001 et m'ont emmené à Rumbeck, mais on ne m'a pas fourni de documents prouvant ma démobilisation. Maintenant, je suis coincé ici, parce que ma famille a été tuée lors d'une attaque des forces gouvernementales et parce que l'APLS pourrait me recruter de nouveau. Parfois, je me demande pourquoi je ne rejoins pas à nouveau l'APLS, la moitié de mes amis l'ont fait et ils ont l'air de s'en sortir mieux que moi. » Jeune garçon interviewé par la Coalition, Sud du Soudan, février 2004. Ouganda « Au début, lorsque mes frères et moi avons été enlevés, la LRA (Lord's Resistance Army - Armée de Résistance du Seigneur) nous a expliqué que les cinq frères ne pouvaient pas servir tous ensemble dans les rangs de la LRA, parce que nous ne serions pas performants. Ils ont alors attaché mes deux plus jeunes frères et nous ont dit de regarder. Ils les ont ensuite battus avec des bâtons jusqu'à ce que tous deux meurent. Ils nous ont dit que ça nous donnerait de la force pour combattre. Le plus jeune de mes frères avait neuf ans. » Ancien enfant soldat âgé de 13 ans. Zimbabwe « Il n'y avait personne pour surveiller les dortoirs, et toutes les nuits nous étions violées. Les hommes et les jeunes gens venaient dans notre dortoir dans le noir, et ils nous violaient - vous aviez tout simplement un homme sur vous, et vous ne pouviez même pas voir qui c'était. Si nous pleurions après, nous étions battues avec des tuyaux d'arrosage. Nous avions tellement peur que nous ne dénoncions pas les viols. La plus jeune des filles de notre groupe avait 11 ans et a été violée à plusieurs reprises dans le camp. » Jeune fille de 19 ans décrivant ce qu'elle a subi alors qu'elle se trouvait au sein du Programme d'entraînement du Service national de la jeunesse. Asie/pacifique Inde « Il a dû s'échapper dans une forêt avec son ami pour entrer en clandestinité. Il avait 14 ans la première fois qu'il a tenu une arme à feu dans ses mains. Il dit qu'il aime aller à l'école, mais du fait de la pauvreté de sa famille, il doit prendre les armes. Maintenant, il gagne assez d'argent, grâce aux armes, pour lui-même et pour pouvoir aussi envoyer de l'argent à sa famille. » Compte-rendu d'un entretien réalisé auprès d'un garçon de 16 ans, nord-est de l'Inde, 2004. Indonésie, Province de Nanggroe Aceh Darussalam (Aceh) « Je sais que le travail [surveiller l'équipement] est dangereux, et mes parents ont essayé de m'empêcher de m'engager. Mais je veux faire quelque chose pour les nanggroe et j'avais donc vocation à partir au combat. Je suis prêt à prendre tous les risques. » Jeune garçon interviewé en mars 2004 ; il a travaillé comme informateur pour le groupe politique armé Free Aceh Movement (Mouvement pour un Aceh libre), pour espionner l'armée indonésienne, lorsqu'il avait 17 ans. Myanmar (Birmanie) «...les autres recrues, si on les attrapait alors qu'elles cherchaient à s'enfuir, on leur frappait les mains et les pieds avec un bâton de bambou, ensuite elles étaient enchaînées et battues et frappées de nouveau et ensuite on les enfermaient. » Jeune garçon enlevé à l'âge de 13 ans par les forces gouvernementales, interviewé en 2003. Sri Lanka « Je me suis enfuie (pour rejoindre un groupe armé) pour échapper à un mariage dont je ne voulais pas. » Jeune fille soldat au Sri Lanka. Europe République tchétchène de la Fédération de Russie « La Russie nous a transformés en bétail. C'est ce qui pousse nos jeunes dans les bras du premier venu qui leur dit 'Viens avec nous'. » Mère en Tchétchénie. Amérique Latine Colombie « Ils vous donnent une arme à feu, et vous devez abattre votre meilleur ami. Ils font ça pour voir s'ils peuvent vous faire confiance. Si vous ne le tuez pas, votre ami reçoit l'ordre de vous tuer. J'ai dû le faire, parce que sinon j'aurais été tué. C'est pour ça que je suis parti. Je ne pouvais plus supporter tout ça. » Garçon de 17 ans, recruté par un groupe paramilitaire à l'âge de 7 ans, alors qu'il était enfant des rues. « J'ai rejoint la guérilla pour m'échapper...J'ai cru que j'obtiendrais de l'argent et que je pourrais être indépendante. » Jeune fille soldat de 17 ans, engagée au sein des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie, interviewée en 2002. Moyen-Orient et Afrique du Nord Irak « J'ai rejoint l'armée du Mahdi pour combattre les Américains. La nuit dernière, j'ai lancé une grenade autopropulsée contre un tank. » Un garçon de 12 ans à Nadjaf, 2004. Israël / Territoires palestiniens occupés « J'ai été emprisonné le 18 mars 2003...Nous sommes dans une toute petite pièce avec 11 personnes. Nous n'avons le droit d'aller aux toilettes que trois fois par jour, à heure fixe. Une fois par semaine, nous avons le droit à une promenade de 30 minutes. Les gardiens de la prison nous forcent à adopter la position du shabeh : ils attachent nos mains et une jambe, et nous devons faire face au mur. » Un garçon de 15 ans arrêté par les forces israéliennes, décrivant les conditions de détention dans une implantation israélienne près de Ramallah, avril 2003. F. Comité des droits de l'enfantLe Comité des droits de l'enfant est un organe composé d'experts indépendants qui surveille l'application de la Convention relative aux droits de l'enfant par les États parties. Il surveille aussi la mise en uvre des deux Protocoles facultatifs à la Convention, l'un concernant l'implication d'enfants dans les conflits armés, l'autre la vente d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants. Tous les États parties sont tenus de présenter au Comité, à intervalles réguliers, des rapports sur la mise en uvre des droits consacrés par la Convention. Ils doivent présenter un premier rapport dans un délai de deux ans après avoir adhéré à la Convention, puis tous les cinq ans. Le Comité examine chaque rapport et fait part de ses préoccupations et de ses recommandations à l'État partie sous la forme d'«observations finales». Le Comité examine aussi les rapports complémentaires présentés par les États qui ont adhéré aux deux Protocoles facultatifs. Il ne peut examiner de communications émanant de particuliers mais les questions relatives aux droits de l'enfant peuvent être soulevées auprès de comités qui ont compétence pour examiner de telles communications. Le Comité se réunit à Genève et tient normalement chaque année trois sessions de trois semaines, précédées d'une réunion d'une semaine du groupe de travail de présession. En 2006, «à titre de mesure exceptionnelle et temporaire», le Comité se divisera en deux chambres parallèles de neuf membres chacune afin d'examiner les rapports en souffrance. Le Comité publie également son interprétation des dispositions relatives aux droits de l'homme, sous forme d'observations générales concernant des questions thématiques, et organise des journées de débat général. Pour plus d'informations sur les travaux du Comité des droits de l'enfant, cliquez ici. G. Groupes armésLes recherches menées par la Coalition en vue de son Rapport mondial sur les enfants soldats 2008 ont montré que si le recrutement et l'utilisation d'enfants par des forces armées gouvernementales avaient baissé, des dizaines de milliers d'enfants continuent d'être impliqués dans différents groupes politiques armés. Si ces derniers incluent des groupes paramilitaires soutenus par le gouvernement, des milices et des unités d'auto-défense dans de nombreuses zones de conflit, la majorité des enfants ont servi au sein de groupes politiques armés opposés au gouvernement central, notamment des groupes ayant des revendications séparatistes ou se prévalant d'autres idéologies politiques. Certains de ces groupes sont composés de minorités ethniques, religieuses, ou autres, et un plus petit nombre sont associés à des clans ou des factions luttant contre le gouvernement et entre eux pour s'assurer le contrôle d'un territoire et de ressources. De manière générale, la majorité des personnes âgées de moins de 18 ans impliquées dans des conflits armés étaient associées à des groupes armés opposés aux forces gouvernementales. Document de référence de la Coalition sur les groupes armés Document d'information : Nouer un dialogue avec des groupes armés Ce document décrit un certain nombre des approches utilisées par l'ONU, des gouvernements, des ONG et d'autres lorsqu'ils sont amenés à entrer en contact avec des groupes armés pour différentes raisons - garantir l'accès de l'aide humanitaire, promouvoir le respect des normes relatives au droit humanitaire et aux droits humains ou à l'occasion de négociations de paix. Il étudie également, en particulier, la façon dont certaines agences internationales et des ONG utilisent ces méthodes et d'autres pour influencer les groupes armés sur la question du recrutement et de l'utilisation d'enfants soldats, ainsi que sur des questions relatives à la démobilisation et la réinsertion des enfants soldats. Études de cas sur des groupes armés particuliers Chacune des études de cas étudie le contexte ayant conduit à la création des groupes armés considérés, leurs objectifs militaires et politiques, les logiques amenant à leur utilisation d'enfants soldats ainsi que l'impact qu'ont pu avoir les initiatives importantes visant à mettre fin à leur utilisation d'enfant. Hamas, territoires palestiniens occupés (version anglaise) L'Armée du Liban-Sud (ALS, Liban) Front révolutionnaire uni (RUF, Sierra Leone) Tigres libérateurs de l'Eelam tamoul (LTTE, Sri Lanka - version anglaise) Forum international sur les groupes armés et l'implication des enfants dans les conflits armés (Suisse, juillet 2006) Le Forum international sur les groupes armés et l'implication des enfants dans les conflits armés, qui s'est tenu à Céligny, en Suisse, du 4 au 7 juillet 2006, a marqué le point de départ d'un projet de trois ans de la Coalition sur cette question. La Coalition a rassemblé un certain nombre de personnes travaillant dans différents domaines pour qu'elles partagent leurs expériences sur les méthodes employées pour influer sur les groupes armés, dans le but de trouver des moyens de lutter contre l'implication d'enfants au sein de ces groupes. Parmi les participants figuraient des représentants d'ONG internationales, d'ONG nationales de pays en situation de conflit armé, des employés de l'ONU et d'agences intergouvernementales, des chefs communautaires et religieux, des représentants de gouvernements, des universitaires ainsi que des experts sur des groupes armés particuliers. Les objectifs du forum étaient les suivants : Débattre des différentes approches adoptées pour influer sur le comportement et le mode de prise de décision des groupes armés dans la poursuite de divers objectifs. Débattre des approches qui ont été efficaces et des raisons pour lesquelles cela a été le cas, la façon dont elles peuvent se compléter ou au contraire diverger et des moyens de résoudre ces tensions. Débattre de la pertinence de ces approches, eu égard à la situation des enfants appartenant à des groupes armés et élaborer des propositions pour une action concertée visant à mettre fin à leur implication au sein de ces groupes. Le forum a proposé une série de projets visant à influer sur les groupes armés, dont certains seront mis en uvre par la Coalition. Un compte-rendu du forum ainsi que des projets futurs de la Coalition en matière de groupes armés et d'implication d'enfants dans les conflits armés seront mis en ligne prochainement. Forum international sur les groupes armés 2007 En novembre 2005, la Coalition de l'Asie du Sud-Est pour mettre fin à l'utilisation d'enfants soldats a organisé un atelier de travail régional, aux Philippines, visant à accroître l'implication de la société civile auprès de groupes armés non étatiques dans le cadre du travail de plaidoyer contre l'utilisation d'enfants soldats. Cet atelier de travail a fourni des informations générales utiles pour le forum international de la Coalition et le rapport (en anglaise) est disponible ici. Cette bibliographie (en anglaise) a été élaborée dans le cadre du projet de la Coalition sur les groupes armés et l'implication des enfants dans les conflits armés. H. Forces armées gouvernementalesMalgré une condamnation quasi universelle, des centaines de milliers d'enfants ont combattu et sont morts dans presque tous les conflits les plus importants du monde, et un grand nombre d'entre eux étaient intégrés aux forces armées gouvernementales. D'après le Rapport mondial sur les enfants soldats 2004, les gouvernements qui ont utilisé des enfants soldats dans un conflit armé entre 2001 et 2004 étaient le Burundi, la Côte d'Ivoire, les États-Unis, la Guinée, le Libéria, le Myanmar, l'Ouganda, la République Démocratique du Congo (RDC), le Rwanda, le Tchad et le Soudan. Un certain nombre de gouvernements, qui ne recrutent pas directement des enfants, soutiennent cependant des groupes paramilitaires, des milices et des groupes de défense locaux qui utilisent des enfants en les faisant combattre et tuer, pour commettre des atteintes aux droits humains à l'encontre de la population civile, piller et détruire des biens privés. Parmi ceux qui utilisent ces forces non-officielles figurent la Colombie et le Zimbabwe. En 2005, au moins six gouvernements qui affirmaient avoir mis fin au recrutement d'enfants ont continué à utiliser des enfants pour des activités d'espionnage ou en tant que messagers ou éclaireurs, ce qui les expose directement aux dangers de la guerre ou à des représailles violentes s'ils sont repérés par les forces opposées. Les gouvernements s'en sont impitoyablement pris aux enfants soupçonnés d'appartenir à des groupes politiques armés. Ces enfants ont été détenus et auraient été torturés, souvent pour obtenir des informations, comme en Israël. Certains ont été condamnés à mort dans le cadre de procès inéquitables, notamment par des tribunaux militaires, comme en RDC. D'autres ont été tués lors d'opérations militaires de « nettoyage » au Burundi, en Indonésie et au Népal ou ont « disparu » comme en Tchétchénie, dans la Fédération de Russie. En 2005, près de 60 pays continuaient à recruter en temps de paix des enfants âgés de 16 à 17 ans au sein de l'armée. Parmi ces pays figuraient l'Australie, l'Autriche, l'Azerbaïdjan, le Bangladesh, le Canada, Cuba, l'Inde, l'Iran, la Jordanie, les Pays-Bas et la République populaire démocratique de Corée du Nord. Au Turkménistan, l'âge minimum de l'engagement volontaire et de la conscription a été abaissé de 18 à 17 ans en 2002, et la Chine aurait également abaissé l'âge de recrutement à 17 ans à Pékin en 2003. La Coalition s'oppose au recrutement ou à l'utilisation militaire de toute jeune fille ou tout garçon âgé de moins de 18 ans. Un grand nombre d'États se sont engagés à respecter une série de traités internationaux relatifs aux droits humains, mais il reste beaucoup à faire pour que ces textes soient pleinement et effectivement mis en uvre. (Voir la rubrique relative aux Normes internationales). Télécharger la contribution fournie par la Coalition en mars 2005 à l'étude de l'ONU sur la Violence contre les enfants qui comprend en particulier une analyse de la situation des enfants dans les écoles militaires et des enfants intégrés, en temps de paix, au sein des forces gouvernementales. I. DDRQu'est-ce que le DDR ? Désarmement : La collecte d'armes légères et de petit calibre et d'armes lourdes dans une zone en conflit. Il s'agit fréquemment de procéder à la collecte des armes, de rassembler les combattants et d'élaborer des programmes visant à gérer ces armes, notamment en les entreposant de manière sécurisée et en procédant parfois à leur destruction. Dans la mesure où un grand nombre d'enfants soldats ne portent pas d'armes, le désarmement ne devrait pas être une condition préalable pour la démobilisation et la réinsertion des enfants soldats. Démobilisation : La libération officielle et encadrée de soldats intégrés à l'armée ou un groupe armé. Les objectifs poursuivis lors de la démobilisation des enfants devraient être de déterminer la participation de l'enfant au conflit armé, de collecter des informations de base permettant d'établir l'identité de l'enfant de façon à retrouver sa famille, d'évaluer ses besoins urgents, et de fournir à l'enfant des informations sur la façon dont les choses seront susceptibles de se dérouler par la suite. Réinsertion : C'est un processus à long terme visant à offrir aux enfants des alternatives viables à leur implication dans un conflit armé et les aider à se réintégrer au sein de leur communauté. Ce processus consiste notamment à réunir l'enfant à sa famille (ou à trouver un placement alternatif, si la réunification est impossible), fournir une éducation et une formation, élaborer des stratégies appropriées pour apporter aux enfants un soutien économique afin qu'ils puissent subvenir à leurs besoins, et dans certains cas, fournir un soutien psycho-social. |
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